Pourquoi l'activité physique adaptée est complémentaire au traitement de la spondylarthrite ankylosante

On associe souvent la douleur à un signal qui nous dit de nous arrêter, de nous reposer. Avec la spondylarthrite ankylosante (SPA), c'est presque l'inverse : la douleur est le plus souvent améliorée par l'activité, pas par l'immobilité. C'est un vrai changement de logique à intégrer, surtout dans les premiers temps après un diagnostic — et c'est exactement pour ça que l'activité physique adaptée n'est pas un simple à-côté du traitement, mais une partie à part entière de la prise en charge.

Qu'est-ce que la spondylarthrite ankylosante ?

La spondylarthrite ankylosante est une maladie auto-immune inflammatoire chronique des articulations. Dans une maladie auto-immune, le système immunitaire fonctionne mal : il reconnaît

certaines de nos propres cellules comme des cellules étrangères à éliminer.

Dans le cas de la SPA, ce sont les cellules qui composent nos articulations (cartilage, tendon, ligaments ) — qui sont visées, ce qui entraîne une inflammation chronique des tissus articulaires.

Elle évolue par poussées inflammatoires successives, sur une longue période, et touche le plus souvent :

• les articulations sacro-iliaques

• les articulations de la colonne vertébrale ;

• le tendon d'Achille.

La prise en charge de la SPA repose sur plusieurs piliers, dont un traitement médicamenteux et : le mouvement, l'hygiène de vie, la façon de pérenniser une pratique adaptée dans la durée.

L'activité physique adaptée, un traitement à part entière

La Société Française de Rhumatologie le rappelle régulièrement : l'activité physique adaptée à la spondylarthrite est un véritable traitement non médicamenteux, au même titre que les traitements de fond. Ce n'est donc pas une option « en plus » si on a le temps ou l'envie — c'est une

composante reconnue de la prise en charge.

Depuis les décrets d'application de mars 2017 de la loi de modernisation de notre système de santé, il est possible d'accéder à une pratique sportive encadrée par un professionnel formé en activité physique adaptée (APA) — ce qui a considérablement facilité l'accès à un accompagnement sécurisé pour les personnes concernées.

Ce que l'APA apporte concrètement

  • Mobilité : maintien de la posture et de la motricité articulaire.

  • Renforcement musculaire : en particulier des muscles posturaux (abdominaux, dorsaux,

    fessiers).

  • Capacité respiratoire : un point souvent oublié — environ la moitié des personnes atteintes de

    SPA présentent une atteinte pulmonaire chronique associée, ce qui rend le travail respiratoire particulièrement utile.

  • Bien-être et gestion de la douleur : le mouvement aide à diminuer l'inflammation et favorise la libération d'endorphines, aux effets antalgiques naturels.

  • Prévention des complications.

Quelles activités privilégier, et lesquelles éviter

Certaines activités sont particulièrement recommandées dans la SPA : les pratiques travaillant la souplesse de la colonne, les étirements et les capacité respiratoire.

À l'inverse, les sports à fort impact ou traumatiques sont généralement déconseillés, car ils exposent davantage aux chocs et aux traumatismes articulaires.

Un repère intéressant, qui rejoint ce qu'on applique aussi pour d'autres pathologies chroniques : intégrer des routines de mouvements le matin pour échauffer les articulations, et le soir pour diminuer les douleurs nocturnes.

Des mouvements fréquents, variés, adaptés et progressifs sont ce qui contribue le plus à réduire la douleur et à restaurer la souplesse articulaire dans la durée.

En termes de volume, on retrouve les mêmes repères que les recommandations générales de l'OMS pour la population : environ 150 minutes par semaine d'activité modérée (ou 75 minutes d'activité soutenue), associées à un renforcement musculaire 2 à 3 fois par semaine.

Ce qu'il faut retenir

L'hygiène de vie joue un rôle crucial dans l'évolution de la spondylarthrite ankylosante. La prise en charge, en complément du traitement médicamenteux, doit encourager activement l'activité physique.

Vous vivez avec une spondylarthrite ankylosante et vous cherchez un accompagnement individuel, encadré par une enseignante APA ? Le suivi en activité physique adaptée construit avec vous un programme progressif et adapté à votre maladie.

Vous préférez avancer en autonomie, à votre rythme, selon votre état du jour ? L'application Focus Sport Santé propose des routines guidées qui s'adaptent à vous.


Sources :

Société Française de Rhumatologie (SFR) — recommandations sur l'activité physique adaptée dans la

spondylarthrite ankylosante

Décrets d'application (mars 2017) de la loi de modernisation de notre système de santé n°2016-41 — accès à

l'activité physique adaptée encadrée par un professionnel formé

Organisation Mondiale de la Santé (OMS) — Lignes directrices sur l'activité physique et la sédentarité (2020)

Sveaas et al. — effets d'un programme d'entraînement fractionné de haute intensité (HIIT) sur l'activité de la

maladie, la fonction et la VO2max en spondylarthrite axiale stable

Association France Spondyloarthrites (AFPric) — recommandations sur l'activité physique dans la spondylarthrite

ankylosante

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